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Le stress au travail : une origine presque centenaire

De nombreux médias publient sur ce sujet ou en font leur Une. Le stress au travail est même devenu « un objet fourre-tout aux contours particulièrement imprécis » [Loriol – 2008]. Malgré son existence presque centenaire, découvert en 1930 avec Hans Selye sous le nom de « syndrome d’adaptation », l’intérêt qui lui est porté ne date que d’une trentaine d’années et a explosé à partir des années 2000 [De Gaulejac – 2001].

H. Seley définie le stress comme « un syndrome général d’adaptation » qui résulte non pas d’une maladie mais d’un processus d’adaptation. Autrement dit, c’est lorsque le corps se prépare à répondre aux contraintes extérieures. Ce syndrome se déclare suite à trois phases successives :
- 1/ l’alarme, où le corps est confronté à une situation stressante et se prépare à agir ;
- 2/ la résistance, où l’organisme réagit en résistant à cette agression extérieure ;
- 3/ l’épuisement, lorsque la situation se prolonge et s’intensifie.

Les capacités de l’organisme à résister sont débordées. Le stress devient alors chronique quand il épuise les défenses de l’organisme [Alter - 2006].
La définition du stress d’Hans Selye a été un tel succès que l’épidémiologie s’est emparé du sujet. Les médecins du travail sont alors devenus les experts du stress au travail même si parallèlement les psychologues se sont progressivement emparés du sujet.
Le premier psychologue à s’être intéressé au stress est R. Karasek, dont la manière d’évaluer le stress au travail existe toujours aujourd’hui. Ses analyses se font à partir d’un questionnaire qui corrèle deux angles d’approches : « les exigences physiques et psychologiques par rapport au degré d’autonomie de décision » [Chanlat – 1999].

La première concerne la « demande psychologique » c’est-à-dire qu’elle correspond aux exigences du poste de travail. Ces exigences comprennent : la charge de travail, l’intensité du travail, les contraintes de temps ou encore la complexité des tâches à accomplir.
La seconde correspond à la « latitude décisionnelle » c’est-à-dire l’autonomie qu’a le salarié sur les tâches qu’il doit accomplir. Par exemple, cela comprend ses marges de manœuvre pour régler un problème, pouvoir développer ses compétences… .

Pour réaliser ce questionnaire R. Karasek se base sur le vécu des employés, sur leur ressenti. Ce qui va de pair avec la définition du stress au travail, décrite plus loin, qui définit le stress par rapport à la perception que nous en avons. [N. Combalbert – 2010]. Peu après, avec T. Theorell, R. Karasek ajoute une troisième variable sur le soutient auquel le travailleur est soumis dans son travail mais aussi dans son environnement social. [Gollac/Volkoff – 2004].

Plus tard, Johannes Siegrist va se baser sur les études de Robert Karasek pour faire son propre questionnaire où il s’intéresse au déséquilibre entre l’effort et la récompense. Pour lui les effets sur la santé se font ressentir quand les efforts élevés d’un salarié s’accompagnent d’une faible récompense. Des réactions pathologiques émergent sur le plan émotionnel et physiologique.

Pour en arriver à ses conclusions, J. Siegrist met en lien deux dimensions. La première est externe à l’individu et correspond au fait d’avoir beaucoup de responsabilités, être souvent interrompu dans son travail, bref il reprend la dimension psychologique de son prédécesseur. La deuxième dimension est interne à l’individu puisqu’elle prend en compte ses attitudes et ses motivations. Par exemple le fait d’être très investit dans son travail, le besoin de relever des défis… . [Chanlat - 1999].

Ces deux modèles ont servis de fondement pour de nombreuses études et sont encore d’actualité aujourd’hui puisque de nombreuses entreprises se servent de leur questionnaire pour évaluer le stress au travail. Ces questionnaires servent de base aux acteurs de l’entreprise pour faire avancer la réflexion commune sur les risques psychosociaux [Combalbert- 2010].
Le point important à retenir sur ces modèles d’analyse c’est qu’aujourd’hui ils servent de modèle de référence ce qui augmente d’après N. Combalbert « l’acceptabilité des constats établis ». [Id. [1]
 [2]




[1Extrait du mémoire de Maelle G. Le stress au travail : Nouveaux enjeux, nouvelles pratiques ?

[2crédit photo : UrbaneWomenMag
http://creativecommons.org/licenses/by/2.0/legalcode